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Noël et les fêtes de fin d’année chez les Tamouls Chrétiens !

** Bonne année chers lecteurs ! **

Merci de me lire et de me suivre sur ce petit blog où j’essaye de partager autant que je peux à propos de ma double culture et mes passions pour le voyage et le dessin, j’espère que les articles vous plairont toujours autant !

Je me lance dans un nouveau projet pour 2017, autour de la cuisine tamoule, je vous en dis plus bientôt ! et ce tout premier article made in 2017 donne déjà un indice 😉

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Pour ce premier post de l’année, je vous ramène quelques jours en arrière, pour les fêtes de fin d’année.
On a déjà parlé ici des communautés tamoules hindoues et musulmanes en France, mais pas encore de la communauté chrétienne – ce sera chose faite !

La grande majorité de la diaspora tamoule indienne en France est issue de l’ancien comptoir français de Pondichéry (qui est aujourd’hui un Etat à part dans le Tamil Nadu). Mon père y avait vécu jusqu’à son départ pour la France. Il s’est lié d’amitié (à l’organisme dirigeant les départs vers la France et dans l’avion) avec un couple de tamouls chrétiens, qui sont aujourd’hui comme mes deuxièmes parents.
Nous avons grandi, depuis petites, avec leur (très) grande famille, et nous nous sommes peu à peu imprégnées de la culture chrétienne (ma mère prie également Jésus et la Vierge Marie, tient une crèche à Noël, organise régulièrement des voyages à Lourdes …). On a d’ailleurs passé Noël chez eux cette année 🙂

Aujourd’hui je pose des questions à Vanessa, la grande cousine de la famille, et qui fait de super rava cake (gâteau de semoule), un gâteau typique des fêtes de fin d’année dans leur communauté, avec des noix de cajou, des fruits secs et du rhum. Elle nous en a offert comme palakaaram (cadeau) cette année, il était vraiment très réussi ! D’où ces quelques questions et plus bas, la recette illustrée 🙂

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Vanessa, tu es née et tu as grandi en France, au sein d’une grande famille et d’une grande communauté chrétienne. Peux-tu nous dire ce que représentent pour toi les fêtes de fin d’année et plus particulièrement Noël ?

Je suis croyante mais peu pratiquante : Noël est avant tout pour moi un moment de partage et de moments en famille, ensemble. C’est l’esprit de cette fête, on se retrouve tous pour rire, chanter, passer du temps ensemble, tout simplement. Cela se perd un peu désormais avec l’importance donnée aux cadeaux de Noël – pour moi il a toujours été important d’aller à la messe de Noël avant d’attaquer les festivités.

Comment fêtez-vous Noël en famille ?

C’est très festif ! Quand j’étais petite on allait à la messe de minuit, on rentrait à la maison mettre Jésus dans la crèche et prier puis on allait réveillonner chez la famille, on n’arrivait que vers une heure. Je me souviens qu’avec mes cousins, on était en transe dès le 1er décembre. On chantait tous les chants de Noël dès le début du mois, on était très impatients d’ouvrir nos cadeaux et le jour J c’était la fête ! Au retour de la messe, je me rappelle qu’on chantait toutes les chansons dans la voiture sur le chemin jusqu’à la maison. Ensuite, on jouait toute la nuit avec les cousins, on se prêtait nos jouets, avec en fond les parents qui dansaient et s’amusaient.
Aujourd’hui, on mange beaucoup plus qu’on ne danse ! Mais je tiens à aller à la messe de Noël, qui est pour moi l’une des plus belles et symboliques avec celle de Pâques. Cette année, la messe de ma ville était très touchante avec une crèche vivante et des processions en mémoire des victimes des différents attentats. Nous étions ensemble pour prier et c’était tout l’esprit de Noël.

Comment ça se passe au niveau des repas ? (question qui m’intéresse toujours beaucoup)

On ne mange généralement pas “indien” – pas de riz ou de plats en sauce ! Chez nous, on fait un grand buffet avec, principalement, des choses qu’on ne mange pas d’ordinaire : des huîtres, du foie gras, des escargots, de la caille… On mange aussi des samossas, de la salade russe… Après on cuisine certaines viandes “à l’indienne”, c’est-à-dire avec des épices ! Comme les cailles par exemple, ou les saucisses piquantes, que l’on picore toute la nuit.

As-tu un souvenir de repas marquant à Noël ?

Oui, un mauvais : les huîtres. Avec mes cousines, nos tantes nous avaient forcées à en avaler, la tête en arrière, la bouche ouverte, sous prétexte que c’était “cher et bon pour les os” ! J’ai senti l’huître couler le long de ma gorge et n’en ai plus retouché après… Enfin, j’en ai remangé cette année après bien 15 ans de traumatisme ! Et ce n’est finalement pas si mauvais.

Sais-tu comment on fête Noël en Inde ?

Je n’ai jamais fêté Noël en Inde. Par contre, mes parents le fêtent là-bas depuis deux ans, et c’est totalement différent de ce que l’on fait ici ! En Inde, les indiens se rendent à la messe de Noël et s’échangent leurs voeux. Le lendemain, ils partagent un bon repas (carné, comme un bon biryani) et offrent des palakaaram à leurs familles, amis et voisins. Mais c’est tout – il n’y a pas d’échanges de cadeaux à proprement parlé, et encore moins de danse, de fête… Les messes sont un grand moment, où les indiens se rassemblent pour être ensemble et prier ensemble. De ce que m’en disent mes parents, la messe, c’est un “truc de fou” là-bas !

Quelques mots sur ton rava cake ?

C’est un gâteau de semoule que l’on offre à la famille, aux amis, aux voisins, lors des fêtes de fin d’année. Il fait partie des palakaaram phares de la communauté chrétienne. Parmi les autres palakaaram : des gala gala (petits gâteaux secs avec du glaçage), des murukku
La recette du rava cake varie d’une famille à l’autre mais la base reste la même : de la semoule, du rhum et des fruits secs et/ou des fruits confits. En fait, en Inde c’est ce que les chrétiens offrent car il n’y a pas de culture de “cadeaux” comme en Occident.
Je vous conseille de faire le cake sur trois jours : le premier pour faire mariner les fruits au rhum, le second pour préparer la pâte et la laisser reposer et le troisième pour l’enfourner et le manger !


Merci Vanessa ! Et voici la recette du rava cake :

Pour 8 à 10 personnes

Ingrédients
– 500g de semoule moyenne
– 500g de sucre en poudre blanc (pas de sucre roux ou autre)
– 6 oeufs moyens
– 300g de beurre
– 75g à 80g de raisins secs
– 75g à 80g de noix de cajou non salées
– 75g à 80g de fruits confits (ils y sont dans la recette classique, Vanessa n’en met pas dans son cake, question de goût !)
– 1 cuillère à café de graines de carvi
– un peu de muscade
– 1 c. à c. de levure chimique
– 1 sachet de sucre vanillé
– du rhum (pas trop fort)
– une pincée de sel

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Recette

Jour 1 : faire macérer les fruits
– Faire macérer les fruits secs, confits et les noix de cajou dans du rhum : le rhum doit venir noyer les fruits.
– Réserver une journée dans un endroit frais et sec (surtout pas au frigo).

Jour 2 : préparer la pâte à gâteau
– Pour la pâte, d’abord séparer les blancs des jaunes d’oeufs.
– Faire cuire la semoule à sec dans un poêle à feu doux, jusqu’à ce qu’elle dore. Il ne faut surtout pas qu’elle brunisse, cela donnera un goût de cramé !
– Monter les blancs en neige et incorporer les jaunes dans un second temps. Ajouter le sucre, puis le sucre vanillé, la levure et la pincée de sel.
– Ensuite, ajouter délicatement la semoule. La semoule gonfle dès qu’elle s’imbibe et a tendance à faire des grumeaux rapidement. Conseil : mélanger avec une spatule en bois plutôt qu’avec un fouet électrique.

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– Ajouter les fruits macérés, les graines de carvi et la muscade.

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– Enfin, faire fondre le beurre et l’incorporer délicatement dans la pâte.
Bien mélanger l’appareil et laisser reposer au frais (pas au frigo) une nuit entière.

 

Jour 3 : enfourner !
– Beurrer un moule rond (légèrement) et y verser la pâte de façon homogène.
– Enfourner 50 minutes à 180°c (four à chaleur tournante).

Vous pouvez le servir avec du thé ou du café au lait, comme en Inde !

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One comment

  1. Génial cette article encore une fois. Même si je ne suis pas Chrétienne, j’ai réussi à voir l’ensemble des étapes de Noël, que ce soit en France ou en Inde. En ce qui concerne des Rava Cake, j’en reçois tellement chaque an, et j’adore ça !!!! Je peux manger un gateau à moi pendant les jours qui suivent. Merci pour cette recette, et chapeau pour tes dessins!

    Bonne année !

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